Var Matin a relaté, dans deux éditions successives (7 et 8 mars 2025), du déroulement des conseils municipaux de La Seyne-sur-mer et de Saint-Mandrier-sur-mer portant sur le même objet principal, à savoir le débat d’orientation budgétaire (DOB).

Exercice obligatoire imposé par la loi avant l’adoption du budget annuel, ce débat est censé, comme son nom l’indique, permettre de débattre sur les choix budgétaire au regard à la fois des dépenses inévitables (les traitements des agents municipaux), des dépenses modulables (le fonctionnement), des projets d’infrastructures et des recettes (fiscales) prévisibles ou à prévoir. Or la lecture des deux articles de Var Matin donne deux impressions radicalement différentes : un débat assez vif du côté de La Seyne et un discours sans accroc à Saint-Mandrier. Serait-ce à dire que les élus de La Vague sont en phase avec ces orientations alors que les oppositions de La Seyne expriment vertement leurs divergences ?

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Non, bien évidemment ! D’une part la situation politique au sein des deux conseils municipaux n’est absolument pas la même et, d’autre part, les élus de la Vague ne veulent plus faire le jeu des polémiques stériles et de l’ersatz de commedia dell'arte que le maire affectionne tant. Surtout quand les orientations ont été déjà annoncées publiquement et par voie de presse, notamment par le biais des vœux de début d’année.

L’intérêt de ces deux articles est en fait inscrit en filigrane bien au-delà du folklore politique des deux communes. Car, en y regardant de plus près, ils mettent en évidence deux situations pour le moins paradoxales. Comparaison n’est pas raison et il faudrait faire un sacré numéro d’équilibriste pour rapprocher le budget de la deuxième ville du Var de celui de la plus petite en superficie…Ne serait-ce qu’avec les dépenses de personnel d’un peu plus de 65 millions d’euros à La Seyne et de « seulement » 4,3 millions à Saint-Mandrier. Et pourtant…

Si l’on en croît les déclarations de la maire de La Seyne, le budget d’investissement serait de 13,5 millions pour 2025 soit à peine plus du double de celui de Saint Mandrier pour la même période (6,5 millions). Etonnant, non ? Mais dans quel sens ? La faiblesse de la Seyne ou l’importance de Saint-Mandrier ? Soyons cependant objectifs, les 6,5 millions de Saint Mandrier sont le résultat de l’addition sur un seul exercice de plusieurs projets dont le montant sur la période du mandat (6 ans) est de 18,7 millions soit 3 millions par an.

Certes La Seyne est une commune qui supporte une dette importante qui affecte ses capacités d’investissement mais la comparaison avec Saint-Mandrier interpelle. Même séparées depuis 75 ans, leur destin et leur quotidien restent liés, à la fois par la  proximité géographique et l’appartenance à la même métropole. Il y a donc légitimement matière à s’inquiéter de la dérive des investissements mandréens. Dérive dans le temps, dérive dans les montants. Nous n’avons pas oublié que dans l’enveloppe des 18 millions du programme de 2020 il y avait, pour près de 5 millions, l’intégralité du projet Fliche Bergis. Désormais il n’y est plus que pour 1,4 millions alors que le projet de médiathèque et de foyer des jeunes  est passé de 0,8 à 3,2 millions sans même évoquer les travaux de rénovation de la mairie.

Ah mais c’est bien sûr, c’est la faute de la guerre en Ukraine et de l’inflation !

Mais, comme le dit si bien le slogan de campagne du maire, relayé par var-matin (du 17 janvier 2025) « A Saint-Mandrier, « nous tenons nos promesses ». Il avait promis 18 millions d’investissements, il y aura bien 18 millions d’investissements à la fin du mandat en cours. Ne soyons pas mesquins et regardants sur les dépenses….