Ce 6 août 2026, le tribunal judiciaire de Toulon a débouté Gilles Vincent, Maire de Saint Mandrier de sa plainte au pénal pour diffamation et injure à caractère racial contre l’association La Vague mandréenne et Jean-Ronan Le Pen, son Président à l’époque des faits reprochés et l’a condamné à rembourser leurs frais de justice.

On appelle l’effet Streisand le fait de créer un buzz d’une information qui était préalablement passée inaperçue en tentant de la censurer, en référence à Barbara Streisand qui avait rendu sa maison de Californie mondialement connue en voulant effacer une photo aérienne parue dans un média confidentiel.

C’est ce qu’on peut souhaiter de l’article soi-disant paru sur le blog de la Vague mandréenne et qui a valu à l’association et à Jean-Ronan Le Pen, son Président à l’époque des faits, d’être poursuivi en justice par Gilles Vincent, Maire de Saint Mandrier pour diffamation et injure à caractère racial (pour l’expression « vieux mâle blanc dominant »).

Ce dernier, comme à son habitude, cherche à étouffer dans l’œuf toute opposition à son action comme Maire par ces procédures judiciaires qui si elles n’aboutissent pas toutes, ont au moins le mérite de créer un climat de crainte propice à l’autocratie.

Mais cette fois-ci l’arme de Gilles Vincent risque bien de se retourner contre lui. En effet, non seulement le juge a blanchi l’association et Jean-Ronan Le Pen de toutes ces accusations mais, plus important, a jugé la nullité de la citation, condamnant Gilles Vincent à rembourser nos frais de justice.  Il acte par cette décision que porter plainte pour un article qui aurait soi-disant été publié pendant 24 heures le 17 décembre sur le blog de l’opposition et dont personne n’a pu prouver l’existence en estimant que celui-ci avait porté une atteinte grave à son image était une instrumentalisation de la justice, lui qui a été réélu pour un sixième mandat avec 2/3 des suffrages exprimés en mars 2026.

Après ce jugement, nous espérons que Monsieur Vincent comprendra enfin que la justice n’est pas un instrument au service du pouvoir en place pour museler toute opposition et puisque Gilles Vincent l’a rendu public lui-même en portant plainte et sa première adjointe en le lisant in extenso en conseil municipal, nous vous partageons l’article en question ci-dessous pour que vous vous fassiez votre propre opinion. Pour nous, si nous n’aurions pas publié cet article pour éviter de verser dans une surenchère d’attaques personnelles, le portrait de Gilles Vincent y est plutôt fidèle et dans tous les cas les insultes sont bien moins violentes que celles que doit subir l’opposition depuis 30 ans à Saint Mandrier quand elle a l’outrecuidance de s’opposer à ses actions.  

Nous ne pouvons en tous les cas que nous réjouir du dénouement de cette affaire qui nous a pour la première fois (et nous l’espérons la dernière !) vu comparaître en tant que prévenus au tribunal pénal pour une infraction dont nous n’étions pas l’auteur, pour le seul motif que nous avons, depuis 2020, voulu nous engager pour qu’une alternative citoyenne soit proposée aux mandréennes et mandréens.

L’association La Vague mandréenne et Jean-Ronan Le Pen, tête de liste et conseiller municipal de Saint Mandrier 2020-2026

Article lu par Annie Esposito, première adjointe au Maire de Saint Mandrier en conseil municipal du 13 décembre 2025 et versé par Gilles Vincent au dossier de la plainte au pénal pour diffamation et insulte à caractère racial contre l’Association La Vague mandréenne et Jean-Ronan Le Pen

« Autocratie municipale : chronique d'un pouvoir confisqué

Dans une commune varoise que la présence d'une base navale pourrait faire croire solidement arrimée à l'État de droit, s'est peu à peu installée une forme singulière de gouvernement local, à mi-chemin entre la caricature autoritaire et la tragédie politique.

Depuis près de trente ans, cette petite principauté républicaine semble soumise aux humeurs, aux obsessions et aux méthodes d'un bourgmestre dont les comportements évoquent un inquiétant croisement entre les figures populistes les plus tapageuses de la scène internationale.

L'homme a fait de l'invective une méthode, de l'insulte un langage, et du mensonge un outil de gouvernement. Les faits, lorsqu'ils ne servent pas son récit, sont niés, contournés ou travestis. Aux questions précises, il répond à côté ; aux critiques fondées, il oppose l'anathème. Toujours prompt à désigner un bouc émissaire, il transforme l'opposition politique, la presse ou de simples citoyens en ennemis intérieurs, responsables de tous les maux. La menace judiciaire - réelle ou fantasmée - constitue chez lui une arme rhétorique permanente, destinée moins à faire respecter le droit qu'à intimider et à faire taire.

Ce vieil archétype du mâle blanc dominant, volontiers autoritaire, manipulateur et ouvertement sexiste, se voit pourtant comme un défenseur inflexible de l'environnement et un démocrate irréprochable. Cette contradiction n'est qu'apparente : elle relève de cette logique bien connue des autocrates locaux, pour lesquels la vertu proclamée sert de paravent à l'arbitraire exercé. Persuadé d'être sans cesse persécuté, il se drape dans une posture victimaire qui justifie, à ses yeux, toutes les dérives.

L'intéressé revendique lui-même son goût pour les « coups tordus ». Il cultive avec application l'art des petites combines, des manœuvres mesquines, des arrangements discrets. La violence n'est pas seulement verbale : elle se manifeste dans le harcèlement, la vindicte personnelle, et parfois dans des méthodes qui relèvent davantage du voyou que de l'élu de la République. Convaincu de tout savoir - et surtout de savoir mieux que quiconque ce qui est bon pour « son » peuple -  il exerce un pouvoir paternaliste et méprisant, où la contradiction n'a pas droit de cité.

Le népotisme, loin de le choquer, lui apparaît naturel. Les affaires de famille s'entremêlent sans scrupule aux affaires publiques, dans une confusion des genres qui mine la confiance démocratique.

Mais c'est peut-être dans la confiscation de la parole que se révèle le plus clairement la nature de ce régime municipal. Les élus de sa propre majorité sont réduits au silence, privés du droit de s'exprimer librement en conseil municipal. Le débat, fondement même de la démocratie locale, est verrouillé ; la délibération devient une mise en scène.

Derrière l'assurance martiale et les rodomontades publiques affleure ainsi la part sombre d'un homme obsédé par le contrôle, incapable de tolérer la moindre dissidence. Cette gouvernance autoritaire, installée dans la durée, interroge moins la personnalité d'un individu que la fragilité de nos contre-pouvoirs locaux. Elle rappelle, s'il en était besoin, que la démocratie ne se perd pas toujours dans le fracas des coups d'État, mais parfois dans le silence contraint des conseils municipaux et l'habitude prise de l'arbitraire. »

La vague mandréenne
Site lavague.info hébergé par la société OVH - 2 rue Kellermann - 59100 Roubaix - France