Un article intitulé « Une maison de santé provisoire prévue à la mi-avril » a été publié dans l’édition du samedi 28 février de Var-Matin. Cet article développe les explications du maire de Saint-Mandrier concernant la situation du projet de maison de santé, sans mentionner le point de vue de La Vague Mandréenne.
Or, le sujet de la maison de santé constitue un thème majeur du débat depuis 2020 entre la liste majoritaire conduite par M. Gilles Vincent et celle de La Vague Mandréenne, aujourd’hui conduite par M. Pierre Calmet. Les positions respectives sur ce dossier ont été relayées à plusieurs reprises dans les colonnes de var-Matin et sont particulièrement exacerbées aujourd’hui dans le contexte des élections municipales du 15 mars 2026.
Ce fait ne pouvait être ignoré par la rédactrice de l’article, la correspondante locale de var-Matin, qui a pourtant omis de contacter la vague mandréenne afin de permettre aux électrices et électeurs de notre commune de disposer, en cette période électorale, d’analyses contradictoires et d’un débat serein sur ce sujet.
Corrigeons tout d’abord une erreur figurant dans l’article. Contrairement aux affirmations du maire rapportées, l’aménagement du « foyer des anciens » n’a pas fait l’objet du vote d’un budget par les élus lors du conseil municipal de décembre 2025.
L’aménagement de ce local provisoire aurait également dû interroger la rédactrice par l’incohérence de la position exposée. Selon les propos rapportés de M. Gilles Vincent, ce local serait destiné à de nouveaux médecins, toujours hypothétiques à ce jour, qui exerceraient dans un espace exigu de 70 m², isolés des autres praticiens installés sur la commune, alors que l’attractivité d’une maison de santé repose précisément sur le regroupement et la coordination des professionnels.
Ces deux premiers points nous semblent donc présenter de manière erronée et partiale la situation actuelle du projet de maison de santé pluriprofessionnelle (MSP), que La Vague Mandréenne défend depuis six ans.
Faisons toutefois abstraction du caractère temporaire et transitoire de l’aménagement de l’ancien foyer des anciens pour recentrer le débat sur le projet de maison de santé lui-même, afin de lever les interrogations éventuelles des lecteurs et d’exposer clairement les divergences entre le projet de M. Vincent et celui de La Vague Mandréenne.
En réalité, ce sont deux approches politiques qui s’opposent quant à la mise en œuvre d’une maison de santé pluriprofessionnelle à Saint-Mandrier, rendue nécessaire par les départs à la retraite à venir des praticiens en place. À ce jour, deux médecins généralistes ont déjà pris leur retraite, et cinq autres sur six ont plus de 65 ans et devront être remplacés à court terme pour éviter que la commune ne devienne un désert médical.
Heureusement, une majorité de professionnels de santé exerçant sur la commune s’est déjà réunie au sein d’une Société Interprofessionnelle de Soins Ambulatoires (SISA), structure juridique adaptée au fonctionnement d’une MSP.
Ce qui manque aujourd’hui, ce sont des locaux adaptés en termes de surface et de modalités acceptables de mise à disposition pour les professionnels de santé.
C’est sur ce point que la solution préconisée par M. Vincent, fondée sur une gestion privée de la maison de santé, s’oppose à celle de La Vague Mandréenne, qui repose sur une gestion communale dans des locaux municipaux.
Le projet de M. Vincent consiste à adosser la maison de santé au programme immobilier Bouygues (résidence seniors), dans des locaux construits par l’aménageur, sans investissement communal direct. Les loyers seraient versés par les professionnels de santé à l’opérateur privé qui les ajusterait à sa convenance.
Le projet soutenu par La Vague Mandréenne repose au contraire sur un investissement communal dans la transformation d’un local municipal, qui serait ensuite loué aux professionnels de santé. La commune, en tant que propriétaire, percevrait les loyers, intégrés au budget communal.
Il s’agit donc bien de deux philosophies de l’action publique pour gérer un même projet d’intérêt général : soit confier l’opération à un opérateur privé, qui percevrait les loyers, la commune ne bénéficiant que des taxes foncières acquises par ailleurs ; soit permettre à la commune de conserver la pleine propriété du local, de valoriser son investissement et de jouer un rôle actif dans la politique locale de santé en concertation avec les professionnels.
Dans les deux hypothèses, le montant des loyers et son évolution ne seront évidemment pas identiques, ce qui pourra favoriser, ou non, l’installation de nouveaux médecins.
Le sujet de la maison de santé pluriprofessionnelle engage l’avenir sanitaire de notre commune. Il mérite une information complète, contradictoire et fidèle aux différentes positions exprimées par les deux listes afin de leur permettre de se forger une opinion éclairée.
En période électorale plus encore, l’exigence d’équité et de pluralisme ne relève pas d’un choix, mais d’un principe fondamental du débat public.

