Le tract signé par Gilles Vincent, présenté comme une entreprise de « rétablissement de la vérité », relève en réalité moins de l’information des citoyens que d’une stratégie de disqualification systématique de ses opposants, fondée sur l’insulte, l’amalgame et la réécriture des faits.
1. Une obsession du mensonge… qui se retourne contre son auteur
Le mot « mentir » et ses déclinaisons rythment le texte comme un slogan martelé : « Ils vous mentent », « ils continuent à mentir », « épisode I d’une longue série de mensonges ».
Or, cette inflation accusatoire masque mal une réalité embarrassante : aucune démonstration rigoureuse n’est apportée, aucun document contradictoire n’est produit, et plusieurs affirmations sont soit inexactes, soit volontairement tronquées.
Accuser sans preuve, répéter une assertion jusqu’à la saturation, c’est précisément ce que les sciences de l’information décrivent comme une technique de propagande, non comme un débat démocratique. Il se trompe d’époque !
2. Parler du passé pour éviter l’avenir : l’absence totale de programme
- Fait majeur : ce tract ne contient aucun projet pour l’avenir.
- Pas une proposition nouvelle pour le prochain mandat.
- Pas une vision à 5, 10 ou 15 ans pour la commune.
- Pas un engagement chiffré, pas une priorité clairement énoncée.
Tout le texte est tourné vers :
- la justification d’actes passés,
- le règlement de comptes,
- la dénonciation obsessionnelle d’adversaires politiques et associatifs.
Un tract de campagne qui ne parle que du passé et des ennemis désignés est un aveu d’épuisement politique.
3. L’insulte comme méthode, la victimisation comme posture
Tout au long du document, Gilles Vincent se permet :
- d’insulter des citoyens et des associations (« écolos bobos », « esprit tourmenté »),
- de mépriser des habitants (« belles villas »),
- de discréditer l’engagement associatif en le réduisant à une manœuvre politicienne.
Et pourtant, dans le même texte, il accuse ses opposants de mener une campagne « au ras des caniveaux ».
Contradiction flagrante : on ne peut pas insulter, caricaturer, humilier, puis se poser en victime d’attaques indignes.
Cette posture victimaire permanente sert surtout à éviter toute remise en question.
4. Une réécriture sélective du droit et des décisions de justice
Le tract transforme systématiquement les décisions de justice :
- les annulations de permis deviennent des choix volontaires,
- les classements agricoles imposés ou confirmés par les tribunaux deviennent des initiatives personnelles,
- les recours citoyens sont réduits à des lubies idéologiques.
Or, les faits sont têtus : ce sont les tribunaux administratifs qui ont, à plusieurs reprises, censuré des choix d’urbanisme pour illégalité. Présenter ces décisions comme des victoires politiques relève d’une réécriture opportuniste du droit.
5. La stigmatisation de l’APE et des associations : une dérive inquiétante
Le tract franchit une ligne rouge en s’en prenant directement à une association de protection de l’environnement, l’APE, et à ses membres :
- amalgames entre engagement associatif et manipulation politique,
- mise en cause de citoyens dans leur droit à s’engager,
- insinuations de collusion et de nuisance.
Rappeler le droit, alerter sur l’environnement, saisir la justice n’est ni mentir, ni salir la commune.
C’est exercer un droit constitutionnel fondamental.
Assimiler cela à une attaque contre le village, c’est confondre l’intérêt général avec l’intérêt d’un clan.
6. Une conception inquiétante de la démocratie locale
Ce tract révèle en creux une vision préoccupante de la démocratie :
- ceux qui critiquent « mentent »,
- ceux qui alertent « nuisent »,
- ceux qui saisissent la justice « attaquent la commune »,
- ceux qui ne soutiennent pas le maire seraient moralement défaillants.
Dans cette logique, il n’y a plus de contre-pouvoirs légitimes, seulement des adversaires à faire taire.
Conclusion : un tract de peur, pas un projet d’espoir !
Ce document n’est ni un programme, ni un bilan honnête, ni une vision pour l’avenir.
C’est un tract de tension, de division et de peur, qui cherche à imposer un récit unique en délégitimant toute parole critique.
Les Mandréennes et les Mandréens méritent mieux :
- un débat fondé sur des faits,
- des projets clairs pour l’avenir,
- du respect pour les citoyens et les associations,
- et une démocratie locale apaisée, pluraliste et adulte.
Ce n’est pas en criant au mensonge que l’on fait la vérité, ni en insultant que l’on gouverne durablement.
Pour les membres de La Vague Mandréenne, liberté d’informer, égalité de parole, fraternité dans le débat : c’est aussi cela, faire vivre la République.

