En octobre 2019, à l’occasion du débat parlementaire du projet de loi engagement dans la vie locale et proximité de la vie publique, un sénateur avait déclaré qu’il fallait « faire en sorte que la cellule de base qu’est la commune redevienne ce qu’était l’agora athénienne. Si la commune ne parvient pas à recouvrer cette forme originelle de la démocratie, cette dernière sera en péril dans notre pays ».

La loi a été adoptée et publiée le 27 décembre 2019, à peine quelques semaines avant le début de la crise de la Covid-19 et les élections municipales. A-t-elle atteint ses objectifs ? Difficile de l’apprécier et d’en juger à notre niveau, cependant il y a une chose dont nous sommes absolument certains, c’est que la commune de Saint Mandrier est très loin d’être redevenue l’agora athénienne. 

Le dernier conseil municipal du 23 mai 2022 en constitue l’illustration la plus flagrante et la plus triste. Expédié en à peine plus d’une demi-heure, il a constitué un ersatz de démocratie. Si le maire peut réunir le conseil municipal chaque fois qu’il le juge utile, ou au moins une fois par trimestre, était-il vraiment nécessaire de réunir un conseil municipal, alors que le dernier s’était tenu le 20 avril, avec un ordre du jour aussi peu fourni et ne comportant aucune proposition de délibération ayant un sens politique, si ce n’est l’approbation du pacte financier et fiscal de toute façon adopté par le conseil métropolitain. Etait-il de saine démocratie de répondre à nos demandes de précisions ou à nos suggestions que « c’est parce qu’on l’a décidé » ou que « on se méfie de tout ce qui vient de Paris et des énarques…. » ou encore « vous n’avez qu’à faire des propositions en commission ».

Alors que ces commissions ne sont que des commissions d’étude et ne peuvent émettre que de simples avis ou formuler des propositions dont il appartient au conseil municipal, et à lui seul, de débattre et de décider. Refuser le débat au prétexte que le dossier a été examiné en commission est un déni de démocratie. C’est peut-être aussi une manière de pouvoir resservir ad nauseam l’affirmation « les élus de l’opposition ne proposent rien, ne participent à rien et ne connaissent pas leurs dossiers ».

A moins qu’effrayé par le propos du sénateur et à l’évocation du sort funeste qui fut celui d’Athènes, le premier magistrat de la cité ne préfère s’inspirer de Sparte et museler toute opinion différente de la sienne. Nous sommes convaincus pour notre part que la participation citoyenne et une véritable délibération municipale permettront de répondre à la crise démocratique que nous traversons.

Nous vous souhaitons un bel été. 

Les élus de la Vague mandréenne : Pierre Calmet, Denis Clave, Philippe Dézéraud, Jean-Ronan Le Pen, Nolwenn Montagny - https://lavague.info/